Babi Yar, la rage au coeur

18 nov

Babi Yar, Babin Yar… Le « ravin de la vieille femme » en russe comme en ukrainien. Lieu-dit proche de Kiev, capitale de l’Ukraine, c’est l’endroit choisi par les nazis pour massacrer en quelques mois près de 100 000 civils ukrainiens de la capitale, juifs mais aussi tziganes, catholiques, orthodoxes.

Un cri du coeur pour ne pas oublier.

Nous avons beau être habitués à ces images qui font partie de notre histoire personnelle pour la plupart d’entre nous, je n’y arrive pas. Ou plus. Je revois ces images terribles de Babi Yar… Ces femmes tenant pour certaines leurs enfants dans leurs bras, sur le point d’être exécutées par leurs bourreaux.

Quelle dignité dans cette façon d’affronter la mort et celle de leurs enfants, quelle peur aussi.

La vision de ces corps morts, nus, est insupportable, presque autant que celle de ces visages, de ces regards d’innocents incrédules avant la fin.

Et la nausée, la nausée à la vue des bourreaux, de ceux qui leurs ont donné les ordres, de ceux qui paradent entre les condamnés, qui prennent des clichés de leurs victimes comme on photographierait des animaux au zoo. De ceux aussi qui du haut de leur folie de notables embourgeoisés planifieront la mort en chambre à gaz pour s’épargner à eux et à leurs hommes la mise à mort directe et par balle, histoire de ne plus subir, ne plus assumer leur propre infamie d’assassins en mettant au point des processus bureaucratiques, industriels, distanciés et inhumains à la pointe, évitant ainsi pleurs, gémissement, giclures de sang.

La vue de ces images, l’imaginaire qui s’y associe, sont terribles, car ils nous donnent encore une preuve de l’ambivalence de l’humanité, de sa capacité à nuire, à détruire, y compris ses propres enfants. Un motif supplémentaire de regarder notre histoire avec une certaine désespérance tout en restant vigilant pour soi et pour les nôtres, la main pas trop loin de la gâchette et l’oeil, le bon, rivé sur la cible.

Le temoignage dOlga Rotchenko, villageoise

Le temoignage d'Olga Rotchenko, villageoise

Sources : Mémorial de la shoah, .org ; documents associés.

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2 réponses to “Babi Yar, la rage au coeur”

  1. 23 22 septembre 2009 à 14:42 #

    A lire : « Si c’est un homme » de Primo Levy (que je dois à 97)
    A voir : « Valse avec Bachir » parce que l’histoire sait se répéter de multiples façons…

    23

    • Emmanuel 23 septembre 2009 à 09:38 #

      Merci de ces références.
      Il faudrait que je lise Primo Levi, chose que je n’ai encore jamais faite.

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