Neda, Iran, l’horreur et un traumatisme intense…

22 juin

La vidéo de la mort « en direct » de Neda, jeune iranienne, dans les rues de Téhéran fait le tour du monde depuis hier soir, étrangement ignorée par les médias nationaux français.

Pourquoi suis-je allé voir ces images ? La mort en direct, dégueulasse, infecte, animale, d’une femme, madone belle et fertile, jeune, fauchée par une balle. Les atroces et ultimes instants de lucidité, les yeux qui se révulsent, le sang qui jaillit de cette bouche. L’horreur — les cris des amis, d’un père probablement, l’effroi des passants et des manifestants, la colère…

Et la nausée. Une vidéo se termine, une journée commence, déjà gâchée.

# Après une journée de recul, ces images me hantent encore, mais la colère a remplacé le dégout et l’effroi de cette mort si crue. La colère contre la vermine qui a tiré, contre le fasciste qui a donné l’ordre de tirer sur la foule, contre Ali Khamenei et sa tentative absurde et cynique de garder les rênes à tout pris quand une majorité du peuple aspire à un meilleur équilibre entre liberté, modernité et tradition. L’occidental qui espérerait voir imposer son propre modèle se tromperait. L’avenir original de l’Iran est de réinventer un islam de paix, de fraternité et de tolérance comme l’est le chiisme dans l’esprit de ses fondateurs historiques, loin de la bêtise crasse des fanatiques du conseil des religieux et de leur pantin soldat, nabot ridicule et méprisable, innommable.

Vous pouvez sans doute si le coeur vous en dit essayer de voir cette vidéo, et la prendre comme un témoignage de l’absurdité des hommes. Je ne veux pas l’embedder ici, trop proche du voyeurisme, mais je trouve et remets un lien vers ces images poignantes.

Des témoignages de sympathie et de condoléances.

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