Jim Harrison et fantasmes
Jim Harrison a le don de faire fantasmer les hommes. Un nouveau livre de lui, et immédiatement, nous les mecs, les vrais, retrouvons nos instincts de grands fauves et de philosophe des forêts. C’est à qui décrira “l’oeil unique menaçant comme un tomahawk” de l’écrivain, qui admirera les gueules de bois carabinées qui font partie de “son statut de poête”, qui s’esbaudira le plus virilement sur ce “chantre des passions violentes et masculines”, qui décrira par le menu le verre qu’il a osé boire avec lui en frisonnant, qui enfin reproduira le plus sérieusement du monde les révélations jungiennes de l’animal sur ses crises de lycanthropie et les disparitions coutumières des habitants du Nord-Michigan lorsqu’ils se changent en ours.
Les Inrocks, 1995, Marc Weitzmann.








